En 1993, Hayao Miyazaki déclarait : « Il n’y a jamais eu une œuvre d’art qui n’a pas reflété de quelque manière son époque… Nausicaä de la vallée du vent vient de la façon nouvelle dont on regardait la nature dans les années 1970 ». On peut ajouter que son film s’inscrit dans un genre, la science-fiction, qui s’est intéressé encore plus tôt aux menaces sur l’environnement et aux bouleversements climatiques. Deux exemples : Le Monde englouti, où un réchauffement climatique provoque la montée des eaux, et Sécheresse, où l’Europe est devenue un désert, des romans de J.G. Ballard publiés en 1962 et 1963. L’une des influences du manga et donc du film de Miyazaki est Dune, le roman de Frank Herbert publié en 1965. Situé sur une planète désertique, ce classique de la SF mettait en avant des enjeux écologiques (sauvegarde des ressources, rapport à la nature) dont on ne parlait pas beaucoup à l’époque. Les Omus avec lesquels Nausicaä a une connexion spéciale rappellent les vers des sables géants de Dune. La première adaptation du roman d’Herbert, avant celle avec Timothée Chalamet et Zendaya en 2021, est sortie la même année que Nausicaä de la vallée du vent.