Comment faire pour filmer ce que les autorités iraniennes interdisent de montrer ?
Pour réaliser Hors jeu, Jafar Panahi a présenté à la commission qui autorise les tournages un scénario qui parlait de football… mais pas de supportrices ! Depuis son arrestation en 2010, il doit tourner ses films clandestinement et n’a pas le droit de quitter le pays… Il a plusieurs fois été condamné et emprisonné.
En 2025, il remporte la Palme d’Or à Cannes pour son film Un simple accident, inspiré de sa propre histoire.
Si tu veux en savoir un peu plus, voici un petit reportage de France 24.
C’est aussi en secret que Bahman Ghobadi a tourné Les chats persans (2016), qui suit deux musiciens de rock (musique aussi mal vue par le gouvernement que le rap) voulant quitter leur pays.
Pour ne pas risquer d’être arrêté.e.s par la police, des cinéastes ont trouvé une autre solution : faire un film qui se passe en Iran, avec des acteurs iraniens… mais en le tournant dans un autre pays. C’est le cas du premier long métrage d’Ana Lily Armipour : A girl walks alone at night (2014), vendu comme « le premier western vampirique iranien ». Si l’histoire se déroule dans une ville-fantôme iranienne (Bad City), le film a été entièrement filmé en Californie.
Under the shadow (2016), tourné en Jordanie, est un autre film de genre qui n’aurait jamais pu se faire en Iran. On y suit, à l’époque de la guerre Iran-Irak, une femme et sa petite fille assaillies par un esprit malfaisant dans leur appartement de Téhéran. Un des films d’épouvante les plus flippants de ces dernières années, à voir sur Netflix.