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Le cinéma de Sidney Lumet

Futur.e grand.e réalisateur.ice, Sidney Lumet a sorti en 1995 le livre qu’il te faut : Faire un film. Il est considéré comme l’un des meilleurs ouvrages écrits par un cinéaste. Du scénario à la sortie du film, en passant évidemment par le tournage et le montage, Lumet y décrit toutes les étapes de la création cinématographique en livrant quelques secrets de fabrication de ses films. On apprend comment, pour gagner du temps et de l’argent, il avait l’habitude de tourner les scènes « mur par mur ». Dans l’extrait de 12 hommes en colère que tu peux voir ci-dessous, les plans d’Henry Fonda (le juré n°8), qui est devant le mur, ont été tournés une semaine après les plans de Lee J. Cobb (le juré n°3), qui est devant la fenêtre.

 

12 hommes en colère est le premier film de Sidney Lumet. Coup d’essai et coup de maître ! Le film est un succès. Lumet ne s’arrêtera plus de tourner  : 44 longs métrages en 50 ans de carrière, de 1957 à 2007. Il commence sa carrière avec la star de l’époque Henry Fonda, la star de l’époque et la termine quasiment avec la vedette des Fast and Furious. Dans son avant dernier film, Jugez-moi coupable (2006), Vin Diesel (qui avait encore des cheveux) joue un mafieux qui assure sa propre défense. C’est la dernière fois où Lumet, spécialiste du film judiciaire, emmène sa caméra dans un tribunal.

 

En plus de Point limite dont tu trouveras plus d’infos dans l’article sur Henry Fonda, Pixivore te recommande cinq autres films du grand Sidney. 

 

Lumet a gardé l’habitude, après son premier film, d’enfermer ses personnages. Dans La colline des hommes perdus (1965), c’est dans une prison militaire à ciel ouvert que sont confinés les personnages. Une puissante dénonciation de l’autoritarisme et le premier des cinq films de Lumet avec Sean Connery qui voulait montrer à l’époque qu’il pouvait jouer autre chose que James Bond.

 

Lumet a souvent fait briller ses interprètes : c’est le cas pour Al Pacino à qui il offre deux rôles en or dans les années 1970. Dans Serpico (1973), Pacino joue un policier intègre qui dénonce la corruption de ses collègues. 

 

Dans Un après-midi de chien (1975), il est un étonnant braqueur qui prend en otage le personnel d’une banque. Un huis clos aussi étouffant que celui de 12 hommes en colère, où le spectateur transpire autant que les personnages ! Ces deux films sont inspirés d’une histoire vraie et se passent à New York, la ville adorée par Sidney Lumet. Ils font aussi partie des influences revendiquées par Todd Phillips pour son Joker avec Joaquin Phoenix.

 

Entre ses deux collaborations avec Pacino, Lumet fait une infidélité à New York pour tourner en Europe Le crime de l’Orient Express (1974), la première adaptation du célèbre roman d’Agatha Christie. Cette enquête du détective Hercule Poirot démontre une fois de plus que Lumet sait y faire quand il s’agit de mettre en scène un groupe de personnages énervés dans un lieu clos (ici un train immobilisé par la neige). Tu verras dans l’extrait du film qu’on retrouve un nombre qui lui a porté chance à ses débuts.

 

Le très émouvant À bout de course (1988) te fera sûrement penser à Enfance clandestine de Benjamin Avila. Comme Juan, le héros, Danny, est l’enfant d’activistes d’extrême-gauche qui vivent dans la clandestinité. Que doit-il suivre ? Ses parents constamment en cavale ou sa vocation de pianiste et son premier grand amour ? Dans le rôle de Danny : River Phoenix, le frère de Joaquin disparu à l’âge de 23 ans. Dans cet extrait, tu  verras une fois de plus tout le génie de Lumet pour filmer l’enfermement (décor étroit de la chambre, actions du passé qui empêchent d’avoir une vie normale) tout en suggérant les aspirations de Danny (exercice sur le clavier, peinture d’oiseaux prenant leur envol derrière lui).

Pour aller plus loin

Objectifs et axes de prises de vue

Le suspense selon Hitchcock

Le plan séquence

Le huis clos

En tension

Champ-contrechamp

à ton avis / défi