Focus

Collage à tous les étages

Il y a un principe qu’on retrouve à plusieurs niveaux dans Edward aux mains d’argent  (conception, écriture, mise en scène) : celui du collage.

L’histoire est d’abord un mélange de nombreuses influences. Selon Tim Burton, « Edward aux mains d’argent n’est pas une histoire nouvelle. C’est Frankenstein. C’est Le fantôme de l’opéra. C’est aussi Notre Dame de Paris, King Kong, L’étrange créature du lac noir et d’innombrables contes de fées. ». Tu peux retrouver des extraits et des images des œuvres citées par Burton. Deux d’entre elles ont des origines françaises (cocorico !). As-tu d’autres titres en tête ? Nous avons ajouté à la fin du montage deux autres références qui semblent évidentes : La belle et la bête et Pinocchio.

L’influence la plus importante d’Edward aux mains d’argent est sans conteste celle de Frankenstein (1931) de James Whale. Qu’ont emprunté Tim Burton et sa scénariste Caroline Thompson à ce film ? Voici quelques éléments de réponse : les origines, l’apparence et l’innocence des créatures, le château gothique, les meutes d’habitants enragés qui pourchassent le monstre de Frankenstein et Edward.

Le Frankenstein de 1931 fait partie d’une série de films fantastiques à succès produits par le studio Universal entre le début des années 1930 et le milieu des années 1950. Les créatures qui sont au centre de ces films sont appelées les « Universal Monsters ». Les films Universal proposent les versions de référence de plusieurs monstres emblématiques du cinéma fantastique, ils ont été souvent repris et parodiés. Les monstres sont parfois réunis, comme dans Hôtel Transylvanie ou la ligne de jouets Monster High. Pour savoir si tu connais bien les Universal Monsters, joue à notre quiz.

Réponses

N°1 : c’est Dracula, dans le film du même nom (1931), interprété par l’acteur hongrois Béla Lugosi. N°2 : la même année, Boris Karloff, un acteur anglais, est la créature de Frankenstein. La découverte du monstre en une série en plans de plus en plus rapprochés est reprise dans deux autres films. N°3 : Boris Karloff rempile pour jouer La momie en 1932. N°4 : encore des bandelettes, mais plus fraîches, pour Griffin, plus connu sous le nom de L’homme invisible (1933). N°5 : c’est La fiancée de Frankenstein. Dans le film de 1935 qui porte son nom, on ne la voit en fait que quelques minutes à la fin. N°6 : victime d’une malédiction familiale, Larry Talbot devient le Loup-garou (1941). N°7 : moins connu que ses prédécesseurs, le « Gill-man » (« l’homme aux branchies ») est le chaînon manquant entre l’homme et le poisson. Chez nous, on le connait comme L’étrange créature du lac noir (le titre français du film de 1954 où il apparaît).

Edward aux mains d’argent, c’est aussi un mélange étonnant entre des genres et des tons très différents : conte, comédie, satire sociale, épouvante, ou mélodrame. Le film réunit deux esthétiques franchement opposées : celle de la banlieue ordinaire où vit la famille de Kim et celle du château gothique d’Edward. Le contraste entre les deux univers est le plus évident dans le plan général où l’on voit Peg se diriger vers le château (extrait 1 de notre montage). C’est ce qu’on appelle un plan composite, le résultat de deux tournages différents. C’est comme un collage : le château, qui est une maquette comme dans les extraits 2 et 3, est intégré à un plan d’une vraie rue de la ville de Lutz en Floride, où les maisons ont été peintes avec des couleurs pastels pour les besoins du film. Le château est lui-même marqué par un grand contraste entre l’intérieur et l’extérieur. L’intérieur de la demeure (extrait 7) semble directement sorti d’un film d’épouvante en noir et blanc, comme Frankenstein ou Dracula (extrait 8). Le jardin est plein de couleurs et de sculptures aux formes arrondies (extrait 4), un changement par rapport aux abords sinistres des bâtisses gothiques qu’on peut voir, par exemple, dans La chute de la maison Usher (extrait 5) ou Opération peur (extrait 6), deux films très appréciés par Tim Burton. Le jardin et la façade du château ont été construits en Floride. Les scènes en intérieur ont été tournées dans un studio de Los Angeles.

Pour aller plus loin

Plongées et contre-plongées

À tes ciseaux !

Edward l’artiste

Tim Burton, portraits d’artistes

Objectifs et axes de prises de vue

Animation en papier découpé

à ton avis / défi